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Le MTUC contre les propositions de la MEF
Wednesday, January 05, 2005 -
Le Mauricien

Le Mauritius Trade Union Congress (MTUC), lors d'un point de presse, mardi, s'est dit contre les propositions de la Mauritius Employers Federation (MEF) émises la semaine dernière concernant l'introduction de la négociation collective sans intervention de l'État comme base du système des relations industrielles à Maurice. Pour Yousouf Sooklall, le président suppléant de la MTUC, " la MEF prône la négociation collective sans même qu'il y ait des garde-fous pour protéger les employés ". Par ailleurs, la MTUC a condamné fermement la Development Work Corporation (DWC) " qui a unilatéralement décidé de réduire les salaires de base d'une quinzaine de ses chauffeurs ".
M. Sooklall affirme que la proposition du MEF, qui préconise que les employés traitent leurs problèmes avec leurs employeurs directement, sans avoir recours aux syndicats, n'est pas dans l'intérêt des travailleurs. Il a aussi critiqué la MEF qui " pe blye ki mazorite ban amployers, prive ou paraetatiks, pa respekte le droi bann travayer par rappor a sindika ", avant d'ajouter : " Travayer sindike bizin fer koustik pou rekonesans sindikal. "
Ayant sollicité l'expertise de la International Confederation of Free Trade Unions, Yousouf Sooklall a parlé de la réponse de cette institution, reçue la semaine dernière et appuyée par le Bureau International du Travail, démentant certaines provisions du White Paper. Celles-ci concernent le droit de grève, l'arbitrage obligatoire du gouvernement et l'emphase mise sur le good faith-bad faith, que la fédération considère sans fondement dans le contexte industriel. Selon M. Sooklall, le rapport " pe osi point ledoi lor lefet ki politisien pe intervenir de fason konsiderab dan zestion sindika a traver Registrar of Association ". " Sa represant enn menas a lexistans sindikal eli demokratikeman ".
Yousouf Sooklall a lancé un appel au Premier ministre, ainsi qu'à tous ceux au gouvernement qui ont participé à la lutte syndicale, affirmant qu'ils ont une occasion historique de corriger une loi, l'IRA, dont ils ont eux même été victimes.
Le MTUC, dans un deuxième volet de sa conférence de presse, a fustigé la décision de la DWC de réduire le salaire de base d'une quinzaine de ses employés " sans même qu'il y ait eu discussion avec le syndicat et les employés concernés ". Pire, ajoute M. Sooklall, " il n'y a même pas eu de correspondance officielle aux employés concernés pour les informer de la décision, ni y a-t-il eu de justification de la décision ". Or, souligne le syndicat, " d'après la loi, on n'a pas le droit de réduire le salaire de base d'un employé. Une fois qu'il jouit d'un salaire de base quelconque, cela devient un droit acquis ". De plus, dit M. Sooklall, " en dépit d'une lettre que nous, le MTUC, avons envoyé à la DWC pour leur demander une réparation le plus vite possible, il n'y a eu aucune réponse ".
Par ailleurs, selon le MTUC, le ministère du Travail non plus n'a pu résoudre le problème après que les employés de la DWC ont porté plainte auprès du ministère. " Une réduction de Rs 775 pour un employé qui touche Rs 5 000 environ est énorme, cela représente pas loin de 20 % de son salaire ", estime M. Sooklall